EPIDEMIOLOGIE, CLASSIFICATION ET COMPLICATIONS
I. Epidémiologie
I. 1 Prévalence et incidence du diabète dans le monde
Aucune population n’échappe au diabète, maladie universellement répandue dans le monde. Mais de grandes difficultés surgissent lorsqu’on veut essayer de préciser la prévalence et l’incidence dans les différents groupes, et surtout d’établir des comparaisons. Rappelons que, selon la définition de l’O.M.S on appelle prévalence d’une affection dans une population donnée la proportion de sujets qui souffrent de cette affection au moment considéré ; l’incidence est le taux d’apparition au cours d’une certaine période.
En Europe, on admet généralement que la prévalence du diabète dans l’ensemble de la population est de l’ordre de 2 %. Pour certains, il s’agit la d’une sous-estimation. Des travaux britanniques montrent que l’épreuve d’hyperglycémie provoquée est de type diabétique chez 6 % de l’ensemble de la population et chez 16 % des sujets âgés de plus de cinquante ans.
La prévalence du diabète de type 1 est relativement basse par rapport à celle du diabète de type 2 ; elle est varie énormément entre les pays et même au sein des différents ethnique d’un même pays. Ce sont les pays scandinaves qui ont l’incidence la plus élevée ; la Finlande plafonne avec un maximum de presque 30 nouveaux cas par année et pour 1000000 habitants. Par contre l’incidence de la maladie est basse en Asie (2 pour 1000000 habitants au Japon), en Afrique, au sud de l’Europe et chez les Indiens d’Amérique. Aux USA, le diabète de type 1 affecte entre 300000 et 500000 personnes, dont 120000 ont moins de 19 ans. Chaque année environ 30000 nouveaux cas sont diagnostiqués (13 pour 100000 habitants).
La prévalence du diabète de type 2 varie énormément entre les pays et les ethniques. Aux USA la prévalence moyenne est estimée à 6.6 % de la population entre 20 à 74 ans et varie entre la population blanche, afro-américaine, hispanique ou mexicaine. Ce sont les Indiens Pima d’Arizona qui ont la prévalence la plus importante de diabète avec des taux huit fois plus élevés que ceux de la population générale des USA. En Suisse, la prévalence est d’environ 5 % dans la population. La prévalence du diabète de type 2 augmente avec l’âge jusque vers 70 ans. L’incidence quant à elle, augmente de façon linéaire avec l’augmentation du rapport taille-hanches et/ou le BMI (Body mass index).
Ce type de diabète survient plus fréquemment chez les femmes ayant eu précédemment un diabète gestationnel et chez les individus présentant une hypertension artérielle, une dyslipidémie ou n’ayant pas d’activité physique. Il existe une prédisposition génétique de développer un diabète de type 2, qui est bien plus importante (concordance de 90 % chez des jumeaux homozygotes) que dans le cas du diabète de type 1, mais la génétique en reste complexe et n’est pas clairement définie actuellement.
I.2 Prévalence et incidence du diabète dans notre pays
Le diabète dans notre pays n’échappe pas à toutes ces règles, la fréquence de la maladie peut paraître relativement faible par rapport à d’autres affections mais cela n’exclut en aucun cas son importance et son intérêt grandissants.
Deux millions ! C’est le chiffre effarant du nombre de diabétiques en Algérie, un chiffre éloquent qui nous confirme l’ampleur de cette pathologie généralement associée aux pays riches. Il est devenu si présent dans notre pays, qu’il se dresse sur le chemin non seulement de toutes les spécialités médicales, mais aussi biologiques.
I. Classification
Les principaux types de diabète
On distingue trois principaux types de diabètes :
· Diabète de type 1 : également appelé « diabète insulinodépendant » (DID), il est dû à une destruction des cellules productrices d’insuline dans le pancréas en raison d’une attaque virale ou toxique, ou à la suite d’une réaction auto-immune. Ce type de diabète atteint surtout les enfants et les jeunes adultes » et touche environ 10 % des diabétiques.
· Diabète de type 2 : également appelé « diabète non-insulinodépendant » ou « diabète gras », il est dû à l’épuisement plus ou moins important des cellules pancréatiques productrices d’insuline lors d’une surcharge alimentaire prolongée (plusieurs dizaines d’années) . Ce problème survient généralement chez les personnes de plus de 40 ans et affecte près de 90 % des diabétiques.
· Diabète de type 3 : Le diabète de type 3 est une maladie systémique autre qui apporte une destruction du pancréas. Cette pathologie peut être causée par des pancréatites chroniques, certaines réactions défavorables à des médicaments ou à un défaut familial typique de certains récepteurs responsables de l'efficacité de l'insuline. Il faut noter que le diabète de type 3 est beaucoup plus rare.
· Diabète gestationnel : il se définit comme tout diabète et a la particularité de se manifester durant la grossesse, le plus souvent au cours du deuxième ou troisième trimestre. Il n’est que temporaire et disparaît peu après l’accouchement, mais peut causer certaines complications pour la mère comme pour l’enfant. Il est favorisé par les modifications métaboliques de cet état hormonal particulier (résistance à l’insuline).
· Diabète mitochondrial : Les diabètes mitochondriaux sont une entité clinique de connaissance récente puisque les premiers cas génétiquement caractérisés ont été publiés en 1992. Ces formes monogéniques de diabète sont en fait multiples car causés par plusieurs type de mutations (Narbonne et Vialette, 2000). La mutation la plus fréquente concerne les nucléotides AG en position 3243pb de l’ADN mitochondrial. Cette mutation est d’ailleurs nommée MIDD car elle associe diabète et surdité. ( Paquis et al. ;1998).
II. Complication :
Les complications du diabète sont étroitement reliées à l’hyperglycémie et sont fonction surtout de la durée du diabète. Le diabète de type 1 et celui de type 2 peuvent tous deux provoquer des complications à long terme, qui peuvent inclure des changements microvasculaires entraînant une rétinopathie, une néphropathie et une neuropathie. Après 20 ans de diabète, presque toutes les personnes qui ont le diabète de type 1 et plus de 60 % de celles qui ont le diabète de type 2 présentent une rétinopathie dont la gravité varie13.
Les complications à long terme du diabète atteignent de nombreuses parties du corps, réduisent la qualité de vie de la personne en cause et augmentent l’utilisation des services de santé. Le tableau 1-1 illustre les complications les plus courantes et leur évolution.
Les complications de la maladie peuvent réduire l’espérance de vie des personnes diabétiques. L’espérance de vie est liée à l’âge au moment de l’apparition du diabète.Un bon contrôle de la glycémie, de la tension artérielle et de la lipidémie par une alimentation saine, le contrôle du poids, l’activité physique régulière ou par des médicaments peut réduire le risque de complications découlant du diabète et accroître l’espérance de vie. (Pettitt DJ, Knowler WC, Baird HR, Bennett PH)
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Type
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Description
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Issues possibles
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Microvasculaires (ou maladie vasculaire périphérique) • dommages aux petits vaisseaux sanguins
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Dommages aux petits vaisseaux sanguins qui contribuent à réduire la circulation sanguine
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Rétinopathie (affection des yeux) Néphropathie (affection rénale qui débouche sur l’insuffisance rénale nécessitant une dialyse) Maladie parodontale
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Macrovasculaires • dommages aux gros vaisseaux sanguins
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Dommages aux gros vaisseaux sanguins qui contribuent à réduire la circulation sanguine
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Maladie cardiovasculaire Maladie cérébrale vasculaire Accident cérébral vasculaire Cardiopathie ischémique Amputation des membres inférieurs |
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Neuropathie • atteinte du système nerveux
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La neuropathie diabétique regroupe toute une série d’affections nerveuses. Tous ces troubles ont un effet sur les trois types de nerfs périphériques : moteurs, sensoriels et autonomes.
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Infections et ulcères aux pieds Perte de sensation Sensibilité accrue Fonte musculaire Dysfonction sexuelle
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Rétinopathie • affection des yeux
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La rétinopathie diabétique estune expression générale qui regroupe tous les troubles de la rétine causés par le diabète. Il y a deux principaux types de rétinopathie : non proliférativeet proliférative. |
Glaucome Cataractes et cécité
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Tableau 1 : Complications du diabète
1. Néphropathie :
Quand le diabète n'est pas bien contrôlé, il y a un excédent de sucre dans le sang. Les vaisseaux se durcissent et des lésions aux reins peuvent en résulter : c'est la néphropathie. À un stade avancé, elle conduit à l’insuffisance rénale.
Les reins agissent comme le système de filtration du corps humain. Le sang est amené aux reins pour y être nettoyé. Quand ceux-ci ne fonctionnent pas adéquatement, les déchets ne sont pas filtrés et le corps perd des substances importantes comme les protéines.
Pour vérifier la qualité du travail accompli par les reins, il suffit de détecter et de mesurer la présence d'une substance nommée albumine. C'est une protéine que l'on retrouve dans l'urine et qui permet d'identifier un problème de fonctionnement des reins.
La néphropathie est la première cause d'insuffisance rénale au Canada et dans le monde occidental. Les dommages causés aux reins par la néphropathie sont irréversibles. (Copyright Diabète Québec 2007)
- Rétinopathie :
La rétinopathie diabétique est une maladie du capillaire rétinien qui devient anormal et va avoir un comportement responsable de la pathologie oculaire. On observe une disparition des péricytes qui sont les cellules qui entourent les capillaires. Les cellules endothéliales des capillaires ne sont plus régulées par les péricytes et vont être plus volumineuses et plus nombreuses; on note également une membrane basale qui devient 3 fois plus épaisse que la normale. On assiste alors à une rupture de la barrière hémato-rétinienne, conséquence d'une altération des jonctions inter-endothéliales. Va ainsi surgir une hyperperméabilité du réseau capillaire qui correspond à la diffusion du colorant lors de l'angiographie fluorescéïnique.